La Smart City au service de l’attractivité & du commerce des centres-villes

Découvrez le Compte-rendu de la conférence « Comment les datas et la smartcity révolutionnent notre façon d’appréhender nos centres-villes ? » qui s’est tenue aux Assises du Centre-Ville 2019 … et auquel le CAC a assisté.

Atelier organisé par l’association « Centre-ville en Mouvement » aux 14èmes ASSISES NATIONALES DU CENTRE-VILLE, mercredi 3 juillet 2019 à Pau.



Cet atelier, particulièrement attendu, a été l’occasion de présenter la vision de différents opérateurs privés et de collectivités publiques. Puis de découvrir plusieurs réalisations menées par ces dernières. Philippe Baudillon, Président France et Smart Cities de Clear Channel Outdoor, a introduit le sujet en rappelant ce que l’on recouvre le terme de « Smart City ». « La Ville Connectée : elle facilite l’accès à la donnée publique et aux services de la ville. Elle contribue à ce que la navigation soit fluide entre les services numériques auxquels nous avons recours dans un cadre privé et ceux relevant de l’espace public, comme par exemple dans l’utilisation de réseaux wifi … ».





La Smart City doit se matérialiser par des bienfaits supplémentaires, qui participent au confort de vie des habitants. L’ouverture des données (« l’Open Data ») correspond à cette volonté. Les législations européennes et françaises, extrêmement strictes en la matière, nous mettent à l’abri des dérives commerciales. Car c’est ce point qui constitue la principale crainte des citoyens. C’est donc de la responsabilité des élus, à travers leur Direction des Services Informatiques (DSI), de protéger nos données de dérives mercantiles ou sécuritaires. Cette prise en considération de l’humain, placé au centre des enjeux, participe à l’émergence d’une Smart City à la française : pas uniquement orientée vers un usage de la technologie.




Stéphane Paoli, adjoint au maire d’Aix en Provence, a également insisté sur l’obligation de s’appuyer sur un Etat souverain : « les pouvoirs publics doivent se charger de la collecte des données et s’affirmer dans un rôle de tiers de confiance ». Citant l’exemple de son agglomération qui a constitué son propre réseau de collecte de données en s’appuyant sur des acteurs locaux, notamment associatifs. « En maîtrisant la collecte de la donnée, on maîtrise sa structuration ». Il a poursuivi en évoquant la nécessité de prôner la qualité des services qui découlent de ses outils de mesure à notre portée (qu’ils permettent de mesure l’état du trafic, du niveau de pollution, …). Dans l’optique de mieux connaitre la ville pour mieux l’appréhender la ville. « Tous ces dashboards et solutions de datavisualisation, sont impérativement à croiser entre eux pour créer de la valeur. Il faut ensuite rendre l’ensemble compréhensible par nos élus … et ainsi faciliter leur prise de décision ».



Josette Bourdeu, Maire de Lourdes, Vice-présidente de la Communauté d’Agglomération de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, a quant à elle présentée les moyens de mesures connectés mis en œuvre à la suite des différents attentats de ces dernières années. « Les citoyens et commerçants nous ont demandé ce que nous faisions pour les protéger. Nous avons donc déployé différents systèmes de vidéo-protections et de bornes connectées qui ont contribué à faire revenir les tour-opérateurs et les pèlerins … D’autres capteurs ont ensuite été déployés aux abords du Gard pour faire face aux inondations que nous subissons fréquemment. Ceci en concertation avec les habitants, auxquels nous avons octroyé des laissés-passés au sein de la zone sanctuarisée. Tandis qu’un retour à des QR Codes permet l’identification et le passage temporaire des touristes. Outre un confort supplémentaire, ce système participe à la nouvelle attractivité de notre ville ».




Thibault Chenevière, Maire adjoint à la Mairie de Pau en charge des enjeux numérique a rappelé « qu’à Pau nous avons la chance d’être propriétaire de notre réseau de fibre, ce qui nous apporte des débouchés supplémentaires. Ces services publics numériques doivent être aussi facile à utiliser par les citoyens que par nos agents et représentants. Pour les élus, c’est un véritable outil d’aide pour effectuer leur choix. Je pense notamment à la numérisation en 3D de notre Quartier de Saragosse, qui est actuellement en cours de réhabilitation. Ce système de casque virtuel, d’abord testé par notre Mairie pour recueillir son avis, a par la suite été installé dans une MJC afin de faciliter l’appropriation de ce nouveau quartier et des nouveaux aménagements par les habitants.


Rémy Belloc, Chargé de développement économique à la Mairie du Bouscat, a conclu l’atelier en revenant sur le programme « Connect un commerçant », conçu et piloté par le « Club Commerce Connecté » du cluster Digital Aquitaine. Cette expérimentation a mobilisé 22 experts du numérique (agences, consultants, …) mais aussi des grands groupes (La Poste, So Local, …) chargés de parrainer individuellement 15 commerçants pour les accompagner dans la définition et la mise en œuvre d’une action concrète mobilisant le numérique. Ce coaching avait pour objectif de permettre aux commerçants d’approfondir leur compréhension et leur appropriation du numérique en partant de leurs propres besoins : aide au déploiement d’un moyen de paiement numérique, appui à l’analyse des stocks en temps réel, formation aux usages mails et web, élaboration de sa présence en ligne, gestion des réseaux sociaux, …

Certains écueils furent décelés dans cette collaboration de quelques semaines. Notamment la difficulté à collaborer en raison de gestion du temps différentes. « Un commerçant bénéficie uniquement de micro-moment, entre 2 clients, ce qui ne facilite pas la tenue de long temps d’échanges face à des prestataires habitués à organiser précisément leurs journées. L’activité numérique du commerçant ne devrait pourtant pas être exercée selon leur « temps-libre » mais plutôt comme faisant partie intégrante de son travail. C’est primordial pour que ceux-ci restent mobilités sur la durée. La saisonnalité fut aussi un autre élément clé dans la difficulté à maintenir la relation : certains commerçants sont habitués à des pics d’activités qui, s’ils n’estiment pas leurs tâches numériques comme étant indispensables risque de les faire passer à la trappe. » Un point commun avec les interventions précédentes et toutefois ressorti de cette expérimentation : « le patronage des collectivités a eu un effet rassurant sur les commerçants, notamment face à la participation d’acteurs privés dont la présence paraissait suspicieuse ».


Ce retour d’expériences reflète ainsi le fait que le numérique en lui seul ne reste qu’un élément qui ne se substitue pas à la confiance humaine et qui nécessite de savoir ce que l’on veut en faire, ou ce que l’on veut atteindre, pour en tirer le meilleur. « La prochaine phase de cette collaboration se poursuivra par l’ouverture dans les mois à venir d’un incubateur d’entreprise dédié au domaine du commerce connecté. Ce lieu physique -sorte de Living lab- permettra de partir du numérique pour contribuer à rapprocher ces deux mondes -commerçants physiques et acteurs du numérique- qui ont tout intérêt à s’imbriquer davantage ».





Consultez, en complément, ces extraits du Cahier MANACOM 2019, téléchargeable ci-dessous, consacré à la présentation par Rémy Belloc (page 15) de la future pépinière spéciale « commerce connecté » du Bouscat :

« Ces interactions entreprises/commerçants/start-up pourront prendre la forme d’un living lab sur le territoire de la commune. Celle-ci est donc en train de créer un incubateur/pépinière d’entreprises autour de la thématique du commerce connecté/commerce du futur dont l’implantation se ferait conjointement à l’extension de l’espace de coworking Le Patio, dans des locaux communaux pour une surface totale de 710m².

Cette structure permettra d’engager un accompagnement rapproché du créateur d’entreprise en fonction de ses besoins, ainsi que de proposer des solutions d’occupation de bureaux ou de postes de travail à tarif réduit. L’accompagnement s’articulera autour de compétences clés : des compétences métier commerce connecté et des compétences structuration et financement des entreprises. 8 à 10 projets d’entreprises ou entreprises nouvellement créées pourront être accueillis ».







Téléchargez la nouvelle édition de ce Cahier de MANACOM intitulé « en 2019, c’est quoi un manager de commerce ? ».

L’objectif de ce document rédigé par le Réseau des Managers de Commerce de Centre-Ville est de connaître les actions menées par leurs membres, notamment en Gironde et en Nouvelle-Aquitaine.

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