Comment va l’écosystème entrepreneurial à Bordeaux ?

Diplômée du master « Aménagement et Développement économique du Territoire« , Ariane Ducamin s’est agréablement distinguée grâce au Mémoire consacré à « L’écosystème entrepreneurial à Bordeaux Métropole » qu’elle a rédigé lors de son stage de fin d’étude pour le compte d’Invest in Bordeaux. Découvrez les conclusions de son travail avant de la retrouver lors de notre conférence dédiée à la situation économique à Bordeaux prévue le 31 janvier prochain à la Halles des Douves.

 

 

Pourquoi ce sujet de mémoire ?

 

Lors de ma mission chez Invest in Bordeaux, j’ai pu constater la place très importante qu’occupent les startups dans l’économie de la Métropole Bordelaise. Les projets sont très nombreux, de même que les structures pour les accompagner. J’ai voulu me pencher sur ce phénomène relativement récent afin d’en comprendre les mécanismes et d’en évaluer les effets à long terme.

 

Ariane Ducamin

 


 

Quelles particularités de l’écosystème bordelais ressortent de votre mémoire ?

 

Forces (extraits non-exhaustifs du Mémoire « L’écosystème entrepreneurial à Bordeaux Métropole ») :

 

  • • Bordeaux Métropole est un territoire où les projets d’entreprises innovantes sont nombreux, l’offre d’accompagnement de projets est relativement complète et accessible.
  • • Avec 70 startups identifiées par le cabinet Trendéo et 1 165 emplois créés sur la période 2014-2016, la zone d’emploi de Bordeaux apparaît comme l’une des plus dynamiques de France comparées aux autres grandes métropoles.
  • • L’écosystème entrepreneurial bordelais, c’est à dire l’ensemble des acteurs qui contribuent au développement des startups, est également très structuré, d’autant plus depuis la labélisation FrenchTech obtenue en 2014. Politiques publiques et initiatives privées vont dans un même sens : développer l’entrepreneuriat à Bordeaux Métropole.
  • Attractif et accessible car à taille humaine, l’écosystème bordelais est relativement facile à intégrer. Le sentiment est unanime : à Bordeaux, un porteur de projet finira toujours par être orienté vers la bonne structure car les acteurs se connaissent. Ce n’est pas le cas dans tous les autres territoires. A Paris par exemple, les structures ne communiquent pas autant entre elles.
  • • La formation de nombreux étudiants et les multiples actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat menée sur l’ensemble du territoire métropolitain, associées à l’arrivée de cadres comblera la relative pénurie de compétences parfois constatée sur certaines profils.

 

 

3 types de structures d’accompagnement peuvent être distingués sur la Métropole bordelaise :
Les acteurs historiques qui structurent le paysage entrepreneurial : Bordeaux Unitec Technopole, Bordeaux Technowest, Bordeaux Montesquieu et l’AEC, Agence Aquitaine du Numérique et son incubateur l’Auberge Numérique.
Les dispositifs régionaux avec par exemple : l’Agence de Développement et d’Innovation Nouvelle Aquitaine et le programme Région Startup.
• Les acteurs émergents portés par des chefs d’entreprises, des grands groupes, des écoles ou universités) avec par exemple :
1Kubator (incubateur projets numériques), Héméra (Accélérateur), Startup Booster (accélérateur, numérique et e-commerce), Le Village by CA (Crédit Agricole, espaces open innovation), Théophraste (Groupe Sud-Ouest, Accélérateur, numérique et traitement de l’information), Inseec Incub (Inseec, incubateur) ou Cdiscount Startup Booster.

 

Téléchargez la cartographie, non-exhaustive, des acteurs entrepreunariaux à Bordeaux :

Visuel conçu par Ariane Ducamin – 2016 / tous droits de reproduction réservés

 

 

Points d’amélioration (extraits non-exhaustifs du Mémoire « L’écosystème entrepreneurial à Bordeaux Métropole »)

 

  • • L’écosystème est constitué de plusieurs acteurs, mais il n’est pas mené par un chef de file qui déterminerait une stratégie commune. Les personnes interrogées reconnaissent que les compétences ne sont pas toujours bien réparties, ce qui peut entraîner des querelles de légitimité. Cet éparpillement se caractérisait encore récemment par le manque d’outils standardisés pouvant être mis à disposition des porteurs de projet. Cette situation peut s’expliquer par des luttes politiques, organiques ou de personnes.
  • • Le territoire bordelais est caractérisé par une faible présence de siège sociaux, tout particulièrement dans l’industrie (hormis pour la filière aéronautique) : le développement de l’entrepreneuriat et les nouvelles opportunités offertes par les imprimantes 3D peuvent contribuer à une ré-industrialisation locale en apportant des solutions souples.
  • • Une autre limite de l’écosystème bordelais est le manque de capacité de financement. Sa taille relativement restreinte limite certains développement de projets car il arrive un stade où les sources de financement disponibles sur la Métropole ne sont plus suffisantes ; les entrepreneurs doivent alors s’adresser à d’autres territoires.

 

 


Demain : tous entrepreneurs (comme c’est déjà le cas pour 1/3 des états-uniens) ?

 

Le nombre de startups créées est en constante augmentation. Il y a indéniablement un engouement autour de l’entrepreneuriat, c’est plus qu’un effet de mode. On ne compte plus également le nombre de pépinières, incubateurs et accélérateurs qui ont été créés ces dernières années.

Or, lancer une startup est par définition risqué : la majorité des projets n’aboutissent pas. Il faut être conscient de ce risque. Pour autant, ne pas pérenniser son projet n’est pas forcément synonyme d’échec : cela constitue une expérience qui permet de rebondir.

Il est en tout cas impossible à l’heure actuelle de dire quel sera l’effet à long terme des startups créées aujourd’hui. Il manque des chiffres et des indicateurs précis permettant d’évaluer le nombre d’emplois créés, la pérennité des projets, le coût de l’accompagnement pour la collectivité par rapport aux bénéfices qu’elle en retire.

 


 

Que diriez-vous aux personnes qui souhaitent se lancer ? Quelles définitions doivent-ils retenir de votre travail ?

 

L’entrepreneuriat n’est pas un métier comme un autre. Ceux qui réussissent ont un état d’esprit particulier, le goût du risque et la volonté d’investir tout leur temps et leur énergie dans leur projet. Certains projets se développeront et deviendront peut-être des PME, voire des ETI : une étape nécessaire pour créer d’avantages d’emplois. Finalement, je dirais que pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale il faut d’abord avoir le bon état d’esprit et ensuite se faire bien accompagner.

 

définition start-up

Visuel conçu par Ariane Ducamin – 2016 / tous droits de reproduction réservés

 

Tous les projets d’entreprises ne rentrent pas dans la case « startup ». Ce terme, bien que très utilisé par de nombreux acteurs, ne fait pas toujours consensus. Une startup est un projet d’entreprise aux caractéristiques très particulières, qui ne se distingue pas uniquement par son âge ou son effectif. Une startup est généralement basée sur une idée innovante, et évolue dans un environnement changeant et incertain. L’objectif de l’entrepreneur est de mettre en place un modèle d’affaires profitable, scalable et répétable (Oussama Amar, The Family) : la startup est vouée à grandir.

 

Les définitions « d’innovation », « d’incubateur », de « pépinière » ou encore « d’accélérateur » sont aussi parfois assez floues étant donné que les prestations proposées s’adaptent aux besoins des porteurs de projets accompagnés et aux particularités du territoire.

 

l'accompagnement de startup

Visuel conçu par Ariane Ducamin – 2016 / tous droits de reproduction réservés

 

 

 

 

l'écosystème d'une startup

Visuel conçu par Ariane Ducamin – 2016 / tous droits de reproduction réservés

 

 

5 éléments contribuent à la construction d’un écosystème entrepreneurial, auxquels il faut rajouter l’influence des spécificités culturelles et historiques du territoire :

1- Les universités et grandes écoles
2- Le vivier de main d’œuvre qualifiée et spécialisée
3- Les entreprises spécialisées dans un domaine
4- Le financement et l’accompagnement
5- L’intervention et le soutien des pouvoirs publics

 


 

Que retenez-vous de votre master et quelle est votre actu à présent ?

 

J’avais choisi cette formation parce que je suis convaincue que pour avoir un impact autour de soi, l’échelle locale est la plus pertinente en matière de développement économique. Après mes études, j’ai choisi de m’engager comme volontaire en Service Civique. Je souhaitais partager mon temps et mes compétences pour développer un projet qui me tient à cœur : en l’occurrence, l’épicerie solidaire de la Ville de Mérignac. Lorsque mon engagement sera terminé, c’est à dire en juin prochain, je compte chercher de nouvelles missions de développement économique, probablement à Bordeaux ou en Aquitaine. Je reste alors à l’écoute de toutes opportunités 🙂

 

 

Téléchargez le Mémoire « L’écosystème entrepreneurial à Bordeaux Métropole » rédigé par Ariane Ducamin

 

 

Interview synthétisée et mise en forme par Jérémy Abdilla

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *