Financements des projets : retour sur un décollage réussi !

Les idées et les entrepreneurs ne manquent pas mais les deux ont parfois des difficultés à trouver les bons interlocuteurs et les financements pour démarrer. Le 30 mars, le CAC33 avait convié 6 experts de l’accompagnement des porteurs de projet.

 

 

La soirée a eu lieu au Campement, dans le magnifique cadre de Darwin Ecosystème, lieu mixant des acteurs de l’économie, des associations, des commerces et restaurants en attendant de futurs projets tels qu’une brasserie de bière bio, un lycée et une crèche, un campus… Dénominateurs communs de cette mixité : la transition écologique, la coopération entre les structures et l’engagement citoyen.

 

 

atelier_CAC33_Financement

 

 

Ce 33e atelier s’organisait autour de 3 thèmes :

1/ Mon projet, mon fil conducteur !

Intervenantes : Muriel Daudignon, Associé-Gérant cabinet d’expertise comptable  Consultante en recherche de financement.

 

La recherche de financement c’est la porte finale avant la création d’entreprise. Auparavant, il faut mûrir son projet sur la durée et se l’approprier pour convaincre les partenaires et investisseurs.

Muriel Daudignon et Caroline Cantel insistent bien sur cette nécessaire maturité : tout en gardant confiance dans son idée, ne pas brûler les étapes mais la faire progresser, la formaliser, la défendre auprès des tiers qui sauront être critiques. Poser des jalons qui aident à aller jusqu’au bout et être plus fort.

Il est intéressant d’avoir plusieurs sources de financement. Il faut arriver à un équilibre dès le départ pour ne pas aboutir sur un « projet à minima » fait de compromis.

Il est aussi important de ne pas rester seul : constituer une équipe d’associés ou de partenaires. Les financeurs sont sensibles à la constitution de l’équipe projet. Pour eux, avoir des compétences complémentaires autour de soi est une sécurité. Une sorte de « conseils de sages » pour avoir des réponses à ses questions et ses doutes.

Des cabinets de conseil peuvent aider sur l’étude de marché après avoir fait une analyse chiffrée du marché, de la concurrence, des statistiques sur les futures cibles. Attention il ne faut pas non plus prendre le marché global mais plutôt partir de ce qu’on est en capacité de fournir comme effort et pour quel résultat. Le crowdfunding est un véritable outil d’étude de marché, ne serait-ce que par l’importance de la pré-collecte réalisée. Et les premiers investisseurs seront des ambassadeurs.

 

 

 

2 / Les nouveaux leviers de financement

Intervenants : Philippe Gaboriau, Président de la plateforme de crowdfunding Happy Capital et Jean Etienne Palard, Maître de conférences en finance à l’IAE Bordeaux.

 

Philippe Gaboriau rappelle les différentes formes de crowfunding :

  • Le don avec contrepartie, en général réservé aux préventes ou sans contrepartie (plutôt pour les associations). A noter que les montants récoltés sont bas : 3800 € de financement participatif par projet en moyenne.
  • Le prêt : plus réglementé, car la plateforme doit s’inscrire auprès d’un organisme géré par l’Etat. Les levées de fonds sont possibles jusqu’à 2 millions d’euros, avec un plafond par projet et par prêteur. Cela s’appelle du Crowdlending !
  • L’investissement par actions : la plateforme est agréée par l’Autorité de régulation des marchés financiers (21 agréées en France actuellement). Pour pouvoir proposer un projet sur ce mode de financement il faut pouvoir valoriser la société. Combien vaut la société (brevet, nombre d’abonnés, fichier client, CA, …) ? Et ensuite le diviser en nombre de parts. Ce mode de financement est assez utilisé pour le développement  ou pour des projets dans la recherche ou après dépôt de brevet.

Jean Etienne Palard rappelle quelques chiffres : les banques financent à hauteur de 100 milliards d’euros d’investissement, là où le crowdfunding atteint 300 000 000 €. Les banques assurent donc encore 80% du financement en Europe. Pourtant, si le crowfunding prend de l’essor, c’est qu’il répond à une forte demande de mise en relation entre investisseurs et épargnants, sans les garanties parfois contraignantes exigées par les banques.

 

 

 

3 / Le financement sans financement

Intervenants : Ethel Le Bobinnec, Responsable Réseau Entreprendre Aquitaine et Bernard Coulé, Président de l’Association Transtech Aquitaine

 

Transtech Aquitaine est centré sur l’accompagnement des inventeurs  pour les aider sur la partie immatérielle des investissements : dépôt de brevets, R&D, études, réalisation de prototype, innovation…

Bernard Coulé constate que les TPE manquent souvent de moyens humains pour mener à bien leurs projets innovants. Pour y remédier, Transtech sélectionne 20 dossiers par an et place des contrats aidés dans les entreprises sélectionnées afin de faciliter l’émergence de ces nouveaux projets.

Centré sur les futures entreprises créatrices d’emploi (5 emplois en 3 ans), le Réseau entreprendre est également très rigoureux dans sa sélection. Les chiffres donnés par Ethel Le Bobinnec  sont éloquents : 750 demandes d’accompagnement par an, dont 150 sont retenues dans un premier temps. Ces 150 porteurs de projet sont ensuite reçus à plusieurs reprises par des chefs d’entreprise bénévoles pour n’en retenir qu’une trentaine par an au final.

L’accompagnement est ensuite à la mesure de cette sélection : les candidats  bénéficient d’un rendez-vous mensuel avec un tuteur dédié, de 4h de réunions collectives tous les mois et d’un prêt d’honneur (sous réserve d’un partage du risque avec un apport personnel de l’entrepreneur).

Ces deux intervenants  soulignent les qualités nécessaires pour entreprendre… et réussir :

  • La capacité à détecter une bonne idée
  • La capacité à mobiliser des ressources humaines et financières
  • Celle d’apprendre vite
  • Etre visionnaire et capable de se projeter dans l’avenir.

 

 

En savoir plus :

 


Compte-rendu rédigé par les doigts de fée de Claire Goutines, rédactrice.

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