La Presse dans tous ses états ! (5)

 

Presse écrite et réseaux sociaux : complémentaires ou concurrents ? (suite)
La question nous a amenés à réfléchir tout d’abord au comportement du consommateur d’information, puis à estimer les points forts des réseaux sociaux et finalement d’aborder l’adaptation des métiers de la presse écrite dans ce contexte.

 

Aujourd’hui, les attentes sont de plus en plus exigeantes de la part des lecteurs. Ils veulent avoir une information rapidement, facilement, n’importe-où ; bref, ils veulent de l’instantané avant tout, et de l’interactif en prime ! Pouvoir commenter, échanger et creuser l’information à laquelle ils ont eu accès est primordial.

Dans un tel environnement, les réseaux sociaux ont trouvé le bon créneau : échange 24h/24, 7j/7, accès facilité grâce aux nouveaux outils (depuis l’ordinateur jusqu’à la tablette en passant par le smartphone). Le consommateur d’information partage, donne son avis grâce aux commentaires, envoie un article pertinent à ses contacts, parcoure la toile et y déniche les dernières actualités, est lui-même au cœur d’un scoop et le diffuse, va de lien en lien pour avoir plus de détails et d’avis… Il profite de la facilité et de la rapidité d’utilisation du web. La liberté d’expression y est également accrue : les réseaux sociaux ont été les seuls à traiter du Printemps Arabe, pour ne citer que cet exemple.

Notoriété, affectivité de leurs abonnés, rapidité, réactivité, lien entre tous les acteurs du web mais aussi échanges entre les internautes : les réseaux sociaux en imposent. La presse écrite a donc dû apprendre à faire avec. Parler de concurrence n’est peut-être pas très juste, car les besoins et les exigences sont différents entre une consommation d’information sur presse écrite ou sur réseaux sociaux. Alors que ces derniers apportent la primeur et l’information brute de forme, la presse écrite garde pour elle une force ; l’analyse. Toutefois, une adaptation et une sorte de mise à jour des procédés et outils ont dû être envisagées. Ainsi, la presse écrite a mis en place des sites web, la monétisation de certains accès sur leur site, de nouveaux modèles économiques, l’apprentissage du « web journalisme » et de ses contraintes techniques et rédactionnelles, la possibilité pour les lecteurs de commenter les articles, de les partager sur internet, l’utilisation à son tour des réseaux sociaux en incluant des liens qui ramènent vers leur site internet, etc.

La technologie et les usages évoluent, et l’on peut finalement se dire que les réseaux sociaux ne concurrencent pas vraiment la presse écrite, qui sait s’adapter aux besoins de ses lecteurs. Bénéficier à la fois de la rapidité du web avec les réseaux et de l’analyse froide et professionnelle des journalistes de la presse écrite : voilà, selon nous, comment les deux outils arrivent à coexister.

T.S.