Nouvelles technologies : facilitantes ou envahissantes ? (2)

 

Nous avons commencé notre réflexion par un premier constat : les technologies d’information et de communication sont omniprésentes, partout, dans tous les moments de notre vie. Que ce soit dans un contexte professionnel ou personnel, elles envahissent effectivement notre quotidien. Cette « invasion » est-elle positive ou négative ? Apporte-t-elle plus de satisfaction que d’inconvénients ?

 

En réfléchissant autour de cette question nous avons soulevé de nombreux points de discussion, avec la particularité qu’à chaque idée positive résonnait un point négatif, comme le montre le tableau ci-dessous. L’idée qu’il y ait un prix à payer pour toutes les fonctionnalités positives que les TIC nous offrent a été évoquée à de multiples reprises. Nous avons parlé d’un « revers de la médaille », dû en partie à des problèmes d’éducation et de formation. Les TIC sont arrivées très vite dans nos vies quotidiennes et notre société n’a pas encore eu les moyens de former les usagers à des usages plus « raisonnés ».

Voici un tableau récapitulatif de quelques unes des idées que nous avons mentionnées :

Positif – Facilitant

Négatif – Envahissant

Les TIC permettent de gagner du temps car elles permettent d’accélérer les processus.

Ce temps n’est pas gagné car il est réinvesti dans du travail et non pas dans des activités de loisir. Il s’en suit une urgence de « faire toujours plus ».

Les TIC permettent d’avoir accès à de l’information variée, hétérogène, internationale.

L’accélération entraîne un surplus d’information que l’on ne peut pas traiter (e-mail en copies, spam, contenu internet, …).

Les TIC permettent de faire plusieurs choses en même temps et donc de gagner du temps.

Elles entraînent une génération « zapping » avec des difficultés de concentration, en particulier chez les jeunes et chez les salariés constamment interrompus.

Les TIC sont toujours plus perfectionnées et permettent d’avoir accès à plus de compétences sur un même appareil.

Il faut noter l’obsolescence programmée de ces objets, et les conséquences écologiques que cela entraîne (terres rares, recyclage, conditions de travail en usines, …).

Le terme de « nouvelle » ou d’innovation est important car c’est un secteur à la pointe de la recherche et qui nous offre toujours plus d’outils.

Elles exigent des usagers qu’ils soient formés et éduqués à leurs usages à chaque nouveauté (différentes fractures numériques générationnelles)

Elles permettent le partage des informations et des connaissances.

Il est parfois (souvent) difficile de tout traiter ou de hiérarchiser les informations.

Elles permettent ce que l’on appelle l’intelligence des foules (crowdsourcing comme Wikipédia).

La qualité des données produites est souvent sujette à caution.

Elles provoquent l’élargissement de nos réseaux de connaissances professionnels et personnels.

Et facilitent le contrôle social via le contrôle des données personnelles par les acteurs du Web.

Elles permettent d’avoir accès à nos informations et à nos réseaux en tout lieu et toute heure.

On ne peut plus s’en passer : elles procurent une sorte d’addiction (« doudou numérique »), voire une situation d’assujettissement (laisse numérique).

Nous devenons des acteurs / contributeurs en pouvant publier de l’information et la communiquer comme nous le souhaitons.

Disparition des frontières public / privé, en particulier dans le contexte professionnel (débordement de la sphère du travail à la maison).

Pour conclure, nous nous sommes interrogés afin de savoir si les problèmes rencontrés venaient de la technologie en elle-même, ou bien des usages qui en sont faits. Comme la poule et l’œuf : les TIC nous permettent de résoudre des problèmes et de faciliter des processus qu’elles contribuent à créer et à complexifier. Il faut donc penser aux différentes fractures numériques (liées à l’accès, mais aussi aux générations, à l’éducation, au rapport au temps, aux relations hiérarchiques, …). Les impératifs de formation et d’éducation des usages doivent être positionnés en même temps que ceux liés au pur développement technologique.

T.K.