Vers le chemin de la positive attitude au travail

Apprendre à vivre les choses telles qu’elles sont et laisser place au bonheur : c’est ce à quoi vous invitent Emmanuelle Roques et Matthieu Dubourg lors du 36ème atelier du CAC 33 : lundi 28 novembre au Social Club Bordeaux. Découvrez comment et pourquoi : 

 

1. Emmanuelle, en avril 2015, vous avez ouvert le Social Club pour promouvoir la pleine conscience ou Mindfulness. Que recouvre cette pratique ?

C’est une forme de méditation parmi d’autres qui développe notre capacité à être attentif, à faire face aux distractions et aux sollicitations qu’elles soient intérieures, comme les pensées, ou extérieures. L’objectif est de s’entrainer régulièrement à ramener son attention volontairement sur le moment présent, en observant 3 aspects de notre personne – le corps, le mental et les émotions -, et en essayant d’être non jugeant.

 

La relaxation, l’hypnose, induisent l’atteinte d’un résultat spécifique. Avec la mindfulness, on ne cherche pas à changer quoi que ce soit sur ce qui est. On s’entraine à redevenir l’observateur et à être capable d’être plus accueillant par rapport à ce qui se passe, à la fois par rapport à soi-même et par rapport à son environnement direct. C’est le développement d’une aptitude que l’on a tous, mais que l’on peut perdre, et qui mène alors parfois à des situations d’excès de surmenage mental (stress chronique, burn out).

 

Cette pratique demande un effort, qui n’est pas théorique. C’est avant tout un exercice mental, qui crée véritablement de nouvelles connexions neuronales, par la répétition. C’est très innovant car beaucoup de gens pensent encore qu’après 20 ans le cerveau ne bouge plus, et c’est totalement faux.

 

Social Clubs Bordeaux Qualité de vie au travail

 

 

2. Matthieu, la notion de bonheur a guidé vos choix, et en créant votre structure « B Happy », vous souhaitez permettre à tout un chacun d’être acteur de son bien-être. Comment rendez-vous concrète cette notion auprès des entreprises ?

 

Les petites comme les grandes entreprises qui me sollicitent ont besoin de créer du lien entre leurs salariés, de développer ou d’améliorer leurs compétences afin que chacun soit engagé dans son travail. Je propose donc de les sensibiliser selon différents formats : formation d’une journée avec exercices individuels et collectifs, atelier d’approfondissement ou encore conférence pour oser parler du bien-être au travail. Je m’appuie toujours sur des découvertes scientifiques avérées, que je vulgarise de façon ludique. Je propose également des outils concrets : méditation, prendre note d’instants positifs vécus dans une journée, s’appuyer sur le chant ou le yoga du rire… Des méthodes qui ont fait leurs preuves !

 

3. Comment la pratique méditative peut-elle aider à surmonter une situation professionnelle difficile ?

 

E.R. : Prenons l’exemple d’un salarié qui vit mal sa relation à un chef de service colérique ou fait face à une situation de travail désorganisée. Par la pratique de la mindfulness, il ne va pas changer son responsable ou la situation, mais il va relativiser et arrêter d’empiler une tension sur une autre. Il y a tout un aspect de ce travail qui se fait en relation avec ce qui nous entoure, c’est-à-dire qu’on va non seulement observer comment on vit les choses mais aussi notre façon de réagir à des remarques désobligeantes. On est plus à même de se rendre compte que l’autre est en train d’exprimer quelque chose qui lui appartient.

 

Pour certains, cette vision est un terrain de polémiques, car elle engagerait les gens à supporter un système pervers. Mais ce que les études ont démontré, c’est que les personnes qui font ce travail de méditation de façon personnelle, orientent petit à petit différemment leur vie professionnelle. Elles vont requestionner leurs choix de vie, mais beaucoup plus en douceur qu’une personne qui le ferait alors qu’elle se trouverait en situation de « burn out ». En effet, cet exercice mental permet de connaître petit à petit ses besoins et de mieux arriver à les exprimer. S’il est possible de les exprimer dans le cadre de l’entreprise, une évolution va être permise. Si ce n’est pas le cas, la personne va s’organiser pour quitter son entreprise et changer de voie.

 

Il y a une véritable corrélation entre l’amélioration de la qualité de vie au travail et cette pratique, appuyée par des résultats statistiques. Le bénéfice porte à la fois sur le taux d’absentéisme qui diminue et sur celui de la satisfaction au travail qui augmente.

 

M. D. : En effet, plus globalement, de nombreuses études* démontrent que des salariés heureux au travail vont être moins stressés, donc moins malades, donc moins absents. Ces personnes sont également plus loyales, donc qu’il y a moins de risque de turn over, de fuite des cerveaux. Elles sont aussi plus créatives et plus efficaces : selon le Département d’économie de l’Université de Warwick, un salarié heureux est 12% plus productif et un salarié malheureux 10% moins productif.

Autre exemple avec le rapport de l’ANAQT – Agence Nationale sur l’Amélioration de la Qualité de vie au Travail – sorti en octobre dernier, qui met le doigt sur ces liens entre compétitivité et bien-être des salariés. Malheureusement, il évalue que certains indicateurs sont de plus en plus dans le rouge, notamment l’autonomie, alors qu’on pourrait penser que les salariés sont de plus en plus autonomes. Il va falloir du temps pour que ces notions d’entreprises libérées, de méthodes agiles puissent se mettre en place. C’est pour cela qu’il faut aussi que le management soit partie prenante de cette vision.

*Business School d’Harvard (Teresa Amabile), de Princeton et Pennsylvania (Martin Seligman), de Zurich (Burno S. Frey), MIT (Media Lab works on a world happiness barometer)

Business Smile

    4. Un dernier mot à ajouter ?

E.R. : Face à la sédentarité, dans les années 70-80, on s’est mis à faire du sport ; aujourd’hui, face à la sur-sollicitation des outils numériques, des médias, du marketing en général, tout ce qui conduit à avoir des désirs qui ne sont pas forcément juste ce dont on a besoin là tout de suite, cet entrainement à revenir à ce qui est là, avec la mindfulness, est une réponse. Et c’est une proposition assez transversale que l’on peut appliquer dans de nombreux domaines pour créer du positif : sport, éducation, santé…

 

M.D. : Les relations humaines sont le fondement du bonheur et sur ce sujet, je vous invite à visionner la conférence TEdX de Robert Waldinger qui tire les leçons de la plus longue étude menée sur le bonheur.

bien_etre_bordeauxPropos recueillis par Florence Charrier-Nicou



N’hésitez plus à vous inscrire à notre 36e atelier ! => Participer

Et si vous souhaitez vous mettre le sourire aux lèvres en amont de cet atelier, RDV le 24 novembre au Social Club pour un bain de compliments avec B Happy ! Plus d’informations ici.


 

Sabrina Urban, experte certifiée par l’Ecole Française de Feng Shui, sera notre 3ème intervenante de la soirée. Elle nous dévoile ici les bases de cette philosophie chinoise qui conduit à mieux connaître notre environnement professionnel, notre lieu de vie personnel … et ses effets sur notre organisme : http://bit.ly/2f8c0hB

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