RSE et entreprises : un levier de performance

Le 3 novembre 2015, le CAC33 a consacré son 31ème atelier à la Responsabilité Sociétale des entreprises (RSE). Un sujet qui intéresse de plus en plus d’acteurs professionnels, à en croire l’affluence et la qualité des échanges de la soirée. Petit tour d’horizon des différents sujets abordés, tout en notant que le CAC33 organise un 2e événement sur ce thème le 2 décembre prochain.


Pour cet atelier organisé autour de 3 thèmes nous avons été accueillis dans le nouvel espace de coworking de La Poste,
Nomade, à Bordeaux Mériadeck. Un lieu récemment inauguré, parfaitement adapté à notre sujet étant donné l’engagement croissant de cette institution dans la prise en compte de leur impact environnemental et social (notamment à travers la notion de proximité et de service territoriaux) :

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– Implanter la RSE dans mon entreprise

Intervenants : Claire Gelain (Responsable Développement durable & performance RSE à Aquitanis) et Stéphane Mathieu (Directeur régional Sud-Ouest AFNOR)

 

Première mise au point : la norme ISO 26000 est une démarche d’évaluation, pas une certification. C’est une démarche volontaire de la part de l’entreprise. L’AFNOR a défini 4 niveaux de maturité qui évaluent les engagements, les pratiques et les résultats obtenus en matière de RSE (prise en compte des 3 volets économique, environnemental et social). Pour cela, l’AFNOR mène un audit interne mais également externe auprès des parties prenantes (clients, fournisseurs, prestataires, etc.)

Accessible à toutes les organisations, quelle que soit leur taille, l’ISO 26000 reste assez peu utilisée : 30 entreprises ont été évaluées en Aquitaine, 150 en France. Pourtant elle constitue un excellent projet d’entreprise, qui mobilise direction et salariés autour d’un objectif commun : la reconnaissance d’un engagement volontariste et qualitatif. La sphère sociale est importante car il faut amener l’entreprise dans ce mouvement impulsé par la direction.

Exemple d’Aquitanis, bailleur social (360 salariés). L’impulsion fut donnée en 2008 par le nouveau directeur général. Il a été porteur de la démarche et l’évaluation a été faite en 2013. Il a donc fallu murir le projet pendant 5 ans avant de lancer la demande d’évaluation. Mais cette maturation est nécessaire. « L’important, précise Stéphane Mathieu, est de pratiquer la politique des petits pas. Ne pas tout révolutionner d’un coup, avancer sur son propre chemin. »

En tant que bailleur social impliqué dans une démarche RSE, Aquitanis mène plusieurs expérimentations puis les déploie en cas de succès : résidence intergénérationnelle, jardins partagés, potagers pour une alimentation plus saine, habitat participatif, etc.

Pour Claire Gelain : « Nous faisons émerger une « compétence habitante » pour inciter chacun à être acteur de son habitat et de son projet de vie. L’idée est de créer des logements plus centrés sur l’habitant. »


Mon entreprise investie dans la vie de la Cité »

Intervenants : Anne-Laure Cuq (Directrice IMS Aquitaine) et Pascale Geslain (Consultante Alteractive)

 

Il est plus pertinent de parler de RSO (des organisations) et donc pas que des entreprises ! Car la RSE/RSO est une démarche de progrès qui mesure les impacts de l’organisation sur la société qui l’entoure et ne se cantonne donc pas qu’aux acteurs privés.

Premier élément par exemple, favoriser des achats responsables en développant un approvisionnement local : moins de pollution due aux déplacements mais cela passe également par un renforcement du tissu économique de proximité. Cet ancrage territorial est essentiel pour créer de la valeur dans son environnement professionnel. Le développement du télétravail ou des tiers-lieux (bureaux décentralisés permettant à des salariés de travailler près de chez eux) sont des pratiques désormais entrées dans les mœurs.

Se préoccuper également des besoins des associations autour de soi, un excellent moyen pour impliquer des salariés dans le projet. Cela peut être par exemple des salariés qui s’investissent dans des interventions auprès de jeunes de quartiers sensibles pendant leur temps de travail. On parle alors de mécénat de compétence.

Enfin, l’organisation va également être vigilante pour intégrer la diversité dans ses activités, à travers la prise en compte des seniors ou des personnes en situation de handicap. Soit en interne, soit en faisant appel à des prestataires de l’Economie Sociale et Solidaire : ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail), Structures d’Insertion par l’Activité Economique (SIAE), etc.

 

– Communication et RSE
Intervenants : Stéphanie Prost (Directrice de clientèle digital et Responsable RSE Aggelos) et Céline Réveillac (fondatrice du site comandgreenwashing.fr)

 

 La communication responsable concerne tous les secteurs d’activité, du plus vertueux aux plus polluants. Il s’agit de vérifier que la promesse et le message sont bien conformes aux agissements de l’annonceur, tout en limitant les impacts sur l’environnement générés par ses pratiques communicationnelles. Au sein de l’agence Aggelos, Stéphanie Prost essaie toujours d’orienter les actions préconisées vers des supports éco-conçus, en limitant les impressions ou les déplacements inutiles, et de dialoguer avec leurs parties prenantes pour essaimer la RSE et des codes de bonnes conduite. Elle nous a ainsi appris que lors d’appels d’offre pour les marchés publics, la tendance est de consacrer 10 % de la note à la prise en compte de la RSE.

Le greenwashing est une fausse promesse, un alibi. Il existe un guide des allégations environnementales disponible en téléchargement libre. Sur son blog comandgreenwashing.fr, Céline Réveillac épingle régulièrement des entreprises qui communiquent plus vert que vert…

Autre action pour dénoncer les abus, les Amis de la Terre France, en partenariat avec le CRID et Peuples Solidaires-Action Aid France, ont créé les Prix Pinocchio du Climat. Ils ont pour but d’illustrer et de dénoncer les impacts négatifs des entreprises multinationales et spécialement celles qui se blanchissent avec un discours « vert », en décernant des prix dans 3 catégories : Lobbying, greenwashing, impacts sur les populations locales…

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Conclusion : la RSE amène de la performance grâce aux impacts comme le sentiment d’appartenance des salariés, ou la recherche de nouveaux fournisseurs… Elle donne des outils pour regarder autour de soi, faire un bilan de son propre fonctionnement et surtout évoluer. Toutes les entreprises sont concernées et peuvent agir à leur niveau, tel le petit colibri (cf Pierre Rabhi : « faire sa part – le petit colibri et la goutte d’eau »).

 


En savoir plus :

  • « RSE et PME : la Grande Soirée de la RSE – la suite » : participez à une conférence complémentaire à cet atelier du CAC33 le 2 décembre dès 19h à l’IUT Michel de Montaigne (à Sainte Croix). Infos et inscriptions sur cacgironde.fr
  • Voir également sur le site AFNOR, des informations sur le sujet http://www.afnor.org/profils/responsabilite/achats
  • A l’occasion de l’enquête publique de la future norme ISO 22400, l’AFNOR organise un atelier-débat le 13 janvier prochain à KEDGE.
  • Le mouvement Colibris
  1. Le changement, nouveau levier de performance c’est aussi une façon de concevoir le futur autrement que ce soit en management, en stratégie, en savoir-être.
    Pour cela, la RSE est un moyen de s’approprier une stratégie de transformation pour les PME, de mutation, de business plan pour les créateurs.
    Plus qu’un atout, le levier de performance est ce que l’on en fait, et comment cela est fait.

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