Financer son projet, le parcours du combattant ?

Bernard Coulé, actuellement Président de l’Association Transtech Aquitaine, a accompagné des entreprises artisanales dans leur création et leur développement pendant près de 40 ans dans le cadre de ses fonctions à la Chambre de Métiers de la Gironde. 

Il partage avec nous son expérience et ses observations.

accompagnement projets innovants

La donne a changé !

Qu’il s’agisse d’un projet de création ou du développement d’une entreprise, le financement requiert une forte capacité d’autofinancement de l’entreprise voire un apport en fonds personnels du gérant.

Les banques prêtent peu, si le montant du crédit peut avoisiner les 60 à 70% des besoins dans le cadre d’un investissement matériel dès qu’il s’agit du financement de l’innovation technologique la donne change. Ce ne sont pas plus de 20 à 30% de la somme nécessaire qui sont mobilisés sous forme de crédit (source : BSI économics).

En temps de crise, avec des résultats et des marges en baisse pour les entreprises, les investissements matériels et immatériels sont mûrement réfléchis. Les investissements liés à la production, dont le retour sur investissement est plus facilement calculable sont priorisés.

Des projets de plus en plus complexes !

Aujourd’hui le chef d’entreprise doit faire appel à de multiples compétences pour mener à bien son projet. Il est de plus en plus complexe de développer une idée pour en faire un projet exploitable en terme de marchés.

Cette complexité rend difficile l’autonomie du porteur de projet. Celui-ci doit s’entourer d’experts métiers : communication numérique, commercialisation, validation technique, protection des inventions, étude de marché, business plan … Tout ceci constitue un investissement immatériel. Les banques suivant peu, la trésorerie manquant souvent, de nouvelles réponses se développent pour aider l’entrepreneur dans son cheminement.

Travailler en collaboration pour partager les résultats.

Les accords de collaboration et de partenariat se développent entre les entreprises c’est le règne du partage, du « ensemble on est plus fort ». Les entrepreneurs se regroupent pour mutualiser leurs compétences et savoir-faire. Des partenariats se tissent pour réduire le prix de certaines prestations contre une exclusivité sur les produits ou des royalties. Cela permet de réduire les couts externes liés au développement du projet en attendant de rentrer les premiers bénéfices.

L’émergence des coopératives d’activité démontrent l’intérêt de cette approche collaborative dans le domaine de l’économie sociale.

Mettre à disposition des moyens humains à cout économique acceptable. 

Les initiatives se développent dans la région BordelaiseBordeaux TechnoWest développe une Bourse de l’incubé (B’INC) afin de soutenir les porteurs de projets durant la période d’incubation, ATIS accompagne les projets d’entreprise socialement innovantes,…

Et Transtech Aquitaine a mis en place un « incubateur d’inventeur » afin de contribuer à l’accompagnement et à l’émergence rapide des projets d’invention. Celle ci est favorisé par une offre de portage salarial au travers de CAE qui sont affectés au projet d’innovation

Ce format a pu être testé grâce à une aide du Fonds de Revitalisation  initié par Cofinoga dans le cadre de son plan de licenciement.  Des contrats aidés viennent compléter les compétences du porteur de projet. Les profils sont recrutés en fonction du besoin prioritaire du projet d’invention: communication, technique, juridique, compétence économique, ..

Ces structures permettent de pallier le problème de financement de projets menés par des indépendants ou des structures de petite taille. Elles aident l’entreprise à diminuer ses couts internes liés au projet.

Elles sont aussi la garantie d’un projet mené à bien avec une assistance à gestion de projet constituée d’un référent et de points réguliers avec les structures accompagnatrices  permettant de fixer des jalons. Une certaine obligation de résultat…

 

Echanges avec Bernard Coulé – Président de Transctech Aquitaine.

Article rédigé par Solène di Paolo – bénévole du CAC33.

 

Et pour tout savoir sur l’atelier #33 du 30 mars 2016 « j’ai une idée, j’ai un projet, comment le financer ? », consultez le programme. 

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