Faire face à la crise : stratégies d’adaptation (3)

 

Définition
La crise est la perception que l’on a de la remise en cause d’un acquis ou d’une situation que l’on vivait comme étant immuable.
Cette notion s’applique à toutes les situations humaines : la crise économique, bien sûr, mais aussi la crise d’un couple, la crise de l’adolescence, la crise de la cinquantaine (ou démon de midi), sans oublier la crise de foi(e), la crise d’arthrose.
Le mot « crise » a une connotation négative. Au plan économique, ce concept est démobilisateur, voire déresponsabilisant.

 

DISCUSSION
La notion de crise est fille des Trente Glorieuses au cours desquelles l’Homme a oublié qu’il fallait savoir se remettre en cause pour survivre. Tout simplement survivre. C’est ce que commande la génétique de toutes espèces vivantes … ce qui nécessite, pour cela, de s’adapter à tous prix, faute de quoi l’espèce disparaît au profit d’une autre !
Et si la Vie est une lutte permanente contre le Néant, il en est de même pour la vie économique. De même que le Néant finit toujours par l’emporter sur la Vie, les entreprises finissent toujours par disparaître au profit de nouvelles, porteuses de nouveaux développements.
Sans ce renouvellement permanent, la société serait statique, comme figée dans le temps et dans l’espace et nous vivrions aujourd’hui comme hier à l’ère de la marine à voile et de la lampe à huile.
Il n’est que de comparer cette époque, que nos grands-parents ont connue, à la nôtre pour mesurer la source de progrès phénoménal que recèle la notion de crise, c’est-à-dire de remise en cause permanente des modèles technique, social et économique. Remise en cause permanente, mais sauf pendant les Trente Glorieuses. Trente ans sur 150.000 ans d’histoire de l’humanité, autant dire rien.
Mais ce « rien », nous l’avons connu, il nous manque et ce manque engendre peur, crainte, angoisse et frustration : c’est la CRISE !
L’intensité perçue de la « crise » est, de facto, un indicateur de la capacité d’adaptation des individus et des organisations. Plus la perception que l’on a de la crise est forte, moins on est adaptable et inversement.
Dans notre monde économique, les effets visibles de la crise sont le ralentissement des recrutements, l’augmentation des faillites, le transfert de branches entières d’activité vers des pays à bas coût de main d’œuvre (le textile, l’électronique,…).
Cependant, la croissance mondiale est comprise entre 3 et 5%, crise financière ou pas ! Comme en Europe nous sommes largement en deçà de ces valeurs, cela signifie que la croissance se fait ailleurs que chez nous. Pour reprendre la notion de combat Vie/Néant, la vie économique de l’Europe est menacée de disparition au profit d’une autre (pays émergents) plus en phase avec le monde tel qu’il est et c’est pour cela qu’elle prend le pas sur la nôtre.

CONCLUSION (TEMPORAIRE)
Dé-momifions nous et retrouvons la mobilité intellectuelle et l’agilité propres au mouvement en avant.
Acceptons l’idée, qu’à l’instar de la marche à pied, le progrès est un état de déséquilibre permanent.
Acceptons le progrès technique, économique et social comme la normalité de la vie de l’homo economicus.
Ce progrès, généré par l’innovation, crée des opportunités innombrables. C’est l’occasion pour les entreprises de prendre de l’avance sur leurs concurrents les plus frileux aux plans technique, commercial et humain.
Les plus hardis créent leur emploi et génèrent de l’emploi pour les autres. Ils créent des start-up, des filiales à l’étranger dans les pays qui se développent vite, déposent des brevets, forment leur Personnel au chinois, au management, aux nouvelles technologies, au commerce international. Ils changent de secteur d’activité contre un plus porteur, quand ils n’en créent pas carrément un nouveau.
La France est le pays d’Europe qui a la plus forte natalité, ce qui implique nécessairement une plus grande capacité à se projeter dans l’avenir, ne serait-ce que pour imaginer celui de ses enfants. Et, comme par hasard, c’est un fait qu’en France il y a de plus en plus de créations d’entreprise et de personnes qui créent leur propre emploi. En France, le futur est donc bien devant nous. Alors, ne nous retournons pas, nous l’aurions dans le dos !

Vous vous êtes reconnu ?

Bizarre, comme c’est bizarre.

R.G.