Innovation et TPE, l’union possible voire indispensable

 

Déjà 25 ateliers et toujours autant de participants enthousiastes. Quel est le secret des soirées du CAC33 ? Des thèmes transversaux qui concernent tous les professionnels en exercice, et un format d’atelier particulier – les tables rondes – qui permet à tous de s’exprimer.

 

Mercredi 29 octobre, les débats ont porté sur l’innovation dans les petites entreprises. Mission impossible ? « Pas tant que ça » a rappelé en préambule Solène di Paolo, chargée de développement économique à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Gironde. Et surtout indispensable à la survie de l’entreprise, quelle que soit sa taille. Innover c’est changer, transformer pour gagner des parts de marché, développer son chiffre d’affaires ou tout simplement continuer à exister. Les 4 tables rondes ont chacune échangé sur l’une des facettes de l’innovation : l’innovation organisationnelle, managériale ou sociale ; celle qui concerne les produits ou services ; celle qui touche les procédés ou la production ; enfin, l’innovation commerciale ou marketing.

 

Les atouts des PME face à l’innovation sont aussi souvent des freins : leur petite taille garantit une agilité, une prise de décision rapide, une flexibilité appréciable pour tester et mettre en place une nouveauté. Mais lorsque tout dépend d’un patron la plupart du temps débordé, comment dégager du temps pour prendre du recul, se poser, lancer une étude de marché, trouver les financements,… ? « Les aides et les financements existent », répond Solène di Paolo, « et les équipes des organismes consulaires sont formées pour guider le chef d’entreprise dans les étapes indispensables à la réussite de son projet ».

 

Autre frein soulevé : la peur de l’échec, une spécificité française que n’ont pas nos voisins anglo-saxons, bien plus enclins à ne pas sanctionner les erreurs. Rappelons que nombre d’inventions fameuses – post-it en tête – sont le fruit d’expériences ratées ! L’atout de la PME pour lever cette inquiétude : un management qui favorise la prise de risque, l’implication de chaque salarié, la proximité du patron qui donne l’impulsion.

 

Et puis il y a bien sûr l’inévitable résistance au changement, celle que nous connaissons tous parce que la routine est parfois bien plus reposante et plus facile à gérer. Pourquoi se remettre en question ? Parce que c’est vital, tout simplement ! Ce questionnement demande une vraie discipline, corollaire indispensable à la démarche d’innovation. Le patron homme-orchestre d’une PME, qui bien souvent est en première ligne sur la production, les achats, le management, la gestion financière, la relation clients et la stratégie de développement, doit s’obliger à donner du temps à chaque tâche, sinon l’une d’entre elles va disparaitre. Laquelle ? Suivez mon regard…

 

Quelques pistes évoquées par les participants, toutes accessibles à des TPE et PME :
— Être à l’écoute de ses clients et dépasser leur 1er niveau de demande pour creuser davantage autour : le terrain est source d’innovation,
— Diversifier son offre en proposant des services additionnels, le produit seul ne suffisant plus, sans trop s’éloigner de son cœur de métier,
— La Responsabilité Sociale de l’entreprise, un élément souvent différenciant et apprécié,
— Tenir sa promesse client et rester cohérent entre les valeurs affichées et les valeurs réelles,
— Remettre de l’humain dans les relations ; attention aux limites de la dématérialisation,
— Personnaliser les offres,
— Doter les réseaux de distribution et de vente d’outils performants,
— Faire appel au crowdfunding pour financer une idée et tester son produit (étude de marché).

 

— Par Claire Goutines, rédactrice, cabinet de rédaction Zanzibar

 

— Crédit photo : © Solène di Paolo